Découvrez les 7 raisons qui font du japonais la langue du diable.


Nous avions vu la semaine dernière plusieurs fausses raisons d’avoir peur d’apprendre le japonais.

Parmi elles je vous avais parlé du fait que les portugais surnommaient le japonais « La langue du Diable ». Ils pensaient que cette langue étaient conçue pour contrarier l’expansion du christianisme.

Onigawara (鬼瓦), a "devil tile" in Japan.

Le japonais, une langue diabolique ?

Cette renommée internationale d’une soit disant difficulté d’apprentissage de la langue japonaise n’a pas échappé au japonais eux même.

La preuve en est que dire quelques mots de japonais au cours d’un voyage vous vaudra des félicitations et des encouragements de vos hôtes japonais. Tandis que le parler couramment vous vaudra des regards froids de certains japonais protectionnistes qui se sentirons blessé par le sentiment du vol de leur identité culturelle la plus remarquable : leur langue.

il faut avouer qu’en réalité le japonais n’est pas une langue si compliqué que cela.

Elle n’est pas non plus facile car il faut bien 5 ans de travail régulier pour atteindre un niveau bilingue complet. Cependant 3 semaines suffisent pour acquérir les bases pour se faire comprendre en japonais.

Mais alors qu’est ce qui rend le japonais si diabolique ?

Il y a 7 points qui font du japonais une langue bien à part et délicate à maitriser complètement.

1. L’écriture japonaise

Le japonais est à l’origine une langue orale qui a emprunté son système d’écriture au chinois. Cependant le chinois et le japonais ne fonctionnent pas du tout de la même manière en ce qui concerne leur grammaire. Les japonais ont du adapté l’usage des idéogrammes à leur fluctuation grammaticale (voir point 4) et se retrouvent avec une écriture mêlant idéogrammes chinois, syllabaires japonais (les kanas), les romaji (caractères romains donc nos lettres à nous) et les chiffres arabes.

Autant dire que les japonais ont une écriture cosmopolite.

2. La politesse japonaise

Dans la communication japonaise, il existe un niveau de langage neutre, polie et très polie.

L’usage du niveau de politesse adéquat dépend du niveau de respect que l’on doit à son interlocuteur. L’usage correcte de la politesse s’appelle keigo (littéralement langue de la politesse) et peut-être un vrai casse tête pour les étrangers car si la politesse japonaise sert à montrer du respect elle sert aussi à garder une certaine distance avec son interlocuteur. D’où un dosage parfois délicat.

3. La différence homme-femme au Japon

Il existe une différence marquée entre le langage des hommes japonais et celui des femmes japonaises.

Les hommes japonais auront tendance à faire des phrases courtes, à parler peu et de façon un peu gutturales. On a l’impression qu’ils parle un peu de façon caverneuse.

Les femmes japonaises sont plus volubiles. Elles parlent beaucoup et allongent très souvent leurs phrases pour en adoucir au maximum le sens et elles ont tendance à parler plus dans les aigus.

Même dans le cadre le plus familier, les femmes auront tendance à avoir une langage plus soutenue.

Apprendre le japonais oral avec une femme (copine, professeur, etc) risque fort de rendre vos propos un tant soit peu efféminé

4. L’agglutinement japonais

Le japonais est une des rares langues agglutinantes au Monde. Que signifie ce terme d’agglutinante ? Tout simplement que les fluctuations grammaticales au Japon se font par ajout successif de suffixe à la fin d’une base verbale en fin de phrase.

taberu : manger

tabemasu : (je) mange

tabemasen : (je) ne mange pas

tabemasen deshita (je) ne mangeais pas

et voici une des formes les plus longues :

tabanakereba narimasen : Je dois manger

5. Le contextuel japonais

En japonais, la grammaire est assez simplifiée par rapport au français : pas d’articles définis ou indéfinis, pas de nombre (singulier-pluriel), pas de genre (féminin-masculin).

kuruma desu par exemple peut se traduire par c’est une voiture, ce sont des voitures, c’est la voiture, ce sont les voitures.

Tout est dans le contexte.

C’est pour cela que l’on dit que le japonais est une langue contextuel

C’est ce flou grammaticale qui provoque des dialogues opaques pour celui qui prendrait une conversation en route. D’autant que les japonais ont en plus la fâcheuse tendance de faire des allusions ou d’éluder certains mots.

6. le langage corporel

Les japonais ont un langage corporel bien à eux.

Par exemple :

  • pour appeler quelqu’un vers soi, il tende la main paume vers le bas et replie tout les doigts vers eux plusieurs fois.
  • Pour se désigner, il montre leur nez et non leur poitrine

Le maneki neko et son fameux geste d’invitation

7. les dialectes régionaux

Le Japon est un pays riche en contraste régional. Chaque région possède un accent bien à lui et souvent un tas d’expression qui en rendent difficile la compréhension même pour des japonais de source. Un peu comme le ch’ti picard ou le marseillais.

Sur ceux, je vous dit : Ookii ni (merci en dialecte de la région de Kyôto) et à la semaine prochaine.

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De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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