Les onomatopées japonaises ou la sonothèque visuelle des mangas


L’écriture japonaise est une écriture imagée. Pas seulement au niveau des idéogrammes mais aussi des onomatopées.

Une onomatopée, comme vous le savez certainement, est un mot dont la sonorité rappelle ce que l’on désigne, comme « glou glou » lorsque l’on boit ou « BOOM » lorsque une  bombe explose.

Chaque langue a sa propre façon de transcrire les onomatopées ce qui fait que pour un même son comme l’aboiement d’un chien on se retrouve avec une quantité de transcription différentes :

  • Allemand, wau wau, waff waff, wuff wuff’
  • Anglais, woof woof, arf arf, bow wow, bark bark, werf werf, ruff ruff
  • Arabe, haw haw, hab hab
  • Bengalî : ঘেউ ঘেউ gheu gheu, ভেউ ভেউ bheu bheu, ভউ ভউ bhou bhou
  • Bulgare, bau bau, džaf, džaff (бау бау, джаф джаф)
  • Cantonnais, wōu-wōu
  • Catalan, bup bup
  • Chinois, Mandarin, wāngwāng (汪汪) (汪汪 signifie larmoyant)
  • Cingalais, buh buh (බුහ බුහ)
  • Coréen, meong meong (멍멍)
  • Danois, vuf vuf, vov vov, bjæf bjæf
  • Espagnol, guau guau
  • Espéranto, boj boj
  • Estonien, auh auh
  • Finnois hau hau, vuh vuh
  • Français, ouah ouah, ouaf-ouaf, wouf ; et grr (grognement)
  • Grec, gav-gav (γαβ-γαβ)
  • Hébreu, haw haw, hav hav, haf haf (האו האו, הב הב, חף חף)
  • Hindî, bow bow
  • Hongrois vau vau
  • Islandais, voff voff
  • Indonésien, guk guk
  • Italien, bau bau
  • Japonais, wanwan (ワンワン)
  • Lituanien, au au
  • Macédonien, av av, dzhav dzhav (ав ав, џав џав)
  • Malayalam, bau bau
  • Néerlandais, waf waf, woef woef
  • Norvégien voff voff
  • Polonais, hau hau
  • Portugais, ‘ão ão, béu béu
  • Portugais (Brésil) : au au
  • Roumain, ham ham
  • Russe, gav gav (гав-гав)
  • Slovène, hov hov
  • Suédois, vov vov, voff voff
  • Kannada, bow bow
  • Tagalog (Philippin), aw aw
  • Tamoul, vovw-vovw (லொள் லொள்), loll-loll, vazh, vazh
  • Tchèque, haf haf
  • Télougou, bau bau
  • Thaï, hong hong (ฮ่ง ฮ่ง)
  • Turc, hav hav
  • Vietnamien, gâu gâu

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Dans les bandes dessinées occidentales, surtout les comics, on trouve depuis toujours un florilège de ces onomatopées intégrées aux images de façon à ajouter une ambiance sonore à l’histoire. D’une façon simple, on peut dire que l’onomatopée, c’est la bande son de la BD, une façon de la rendre plus vivante et plus prenante encore.

C’est bien entendu aussi le cas dans les mangas japonais où les onomatopées, à la différence de la bande dessinée européenne où l’onomatopée se pose sur le dessin, font souvent partie intégrante de ce dessin, en le complètant dans une dynamique voulue par l’auteur. On retrouve cet utilisation graphique des onomatopées surtout dans les shônen manga (bande dessinée japonaise destinée au garçon).

Plus qu’un simple bruit, il constitue une véritable expression graphique. L’exemple de cette case tirée du shônen One Piece est assez représentative de l’utilisation du procédé.

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C’est pourquoi l’utilisation de l’onomatopée peut se révéler d’une importance capitale pour la lecture d’un manga.

Par exemple, on peut en deux cases décrire une averse de pluie. Pour une pluie qui commence on lira potsu potsu ポツポツ puis ザー pour décrire une pluie forte.

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La difficulté pour les francophones ne lisant pas couramment le japonais, c’est de lire ces onomatopées intégrées au décor. Au départ, certains éditeurs ont tenté de les traduire en les adaptant (en les faisant redessiner), mais ils ont vite arrêté tant ils font partie intégrante de la planche et de sa dynamique. La traduire suppose une remise en forme de l’onomatopée voire de la case, pour aboutir à une trop forte modification du travail original de l’auteur.

La plupart du temps les traducteurs ajoutent juste une petite étiquette avec une transcription francisée de l’onomatopée si il en ressente le besoin.

Au final, pour le lecteur, le contexte (cher au japonais) suffit en général à comprendre l’onomatopée utilisée et à s’immerger dans la scène.

Mon conseil : pour pouvoir lire les onomatopées, apprenez les katakanas

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De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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