« les Dieux des Tremblements de Terre » (première partie)


地震の神々 « JISHIN NO KAMIGAMI »

C’est un fait reconnu : au Japon il y a beaucoup, voire énormément de tremblements de terre. Ils existaient depuis toujours, mais on n’en a jamais autant parlé que depuis la catastrophe qui a frappé Fukushima. Par contre, ce qui est plus étonnant, c’est qu’il existe un « kami des tremblements de terre ». Celui-ci est vénéré sur l’archipel pour s’attirer ses faveurs et, dans un moindre mal, dans un mélange de ferveur et de crainte, apaiser sa terrible colère.

1) 地震神 (ないふるかみ/ないのかみ) « NAI FURU KAMI/NAI NO KAMI » :

C’est le « kami » historique des tremblements de terre au Japon. Il est surtout mentionné dans le « Nihongi » (日本紀) (XXII, 4),un vieil ouvrage japonais des chroniques du Japon et dans un vieux poème, mais son nom n’est pas cité.

Le culte de ce « kami » existerait depuis l’an 599. La légende raconte qu »il fut longtemps totalement oublié, au point que son nom ne figurait pas dans la liste des « Amatsu Kami » (天津神 « Esprits Célestes »). Pendant tout ce temps, Nai No a patiemment supporté cette insulte, déclenchant quelques tremblements de terre par ci, par là, afin de se rappeler à la population, mais sans grand succès hélas.

Alors, advint ce qui devait arriver, sa colère ainsi longtemps retenue, explosa au grand jour, et c’est au VIIe siècle qu’il provoqua trois énormes secousses sismiques qui détruisirent pratiquement la moitié de l’archipel. Ces méga tremblements de terre, dont le premier eut lieu en 1854 furent baptisés « Ansei no Dai Jishin » (安政の大地震) « les Grands Séismes de Ansei » à cause de l’ère « Ansei » (1854-1860).

Depuis lors, les Japonais décidèrent d’honorer ce « kami » susceptible et au caractère aussi imprévisible qu’irascible, et lui érigèrent de nombreux temples sur les décombres de leur village. De plus, la tradition disait que ce seraient les villages qui ne prendraient pas soin de leurs temples qui seraient alors les plus touchés par les séismes ; voilà de quoi convaincre les plus récalcitrants. Le plus connu de ces temples est celui de « Nai Jinja » (名居神社) de la ville de « Nabari » (名張市) située dans la province de « Iga » (伊賀国) de la Préfecture de « Mie » (三重県).

Même le nom de la ville changea au cours du temps, passant d’abord de « Naifuri » à « Nahori », puis de « Nabari » à finalement « Nai ».

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(D’après Jean Herbert, dieux et sectes populaires du Japon, éditions Albin Michel, 1967, chap. 1, p. 47 « beautés et forces du ciel et de la terre »)

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De larkanj

Dessinateur de BD et passionné de langue japonaise

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