Le « Nō », un art ancestral au Japon (25ème partie)


古代の芸術, 日本の演劇の名前は。。。能ですよ! »KODAI NO GEIJUTSU, NIHON NO ENGEKI NO NAMAE WA… NŌ DESU YO ! » « UN ART ANCESTRAL, LE THÉÂTRE JAPONAIS… NŌ » (VINGT CINQUIÈME PARTIE) :

La composition d’un programme de « Nō » consiste donc en cinq pièces « gobandate », ou six avec « l’Okina », une pour chaque catégorie décrite ci-dessus, jouée dans l’ordre et en fonction de la saison, avec une pièce de « Kyōgen » entre chacune. René Sieffert nomme un tel programme une « journée de « Nō » ».

Cet agencement suit le principe essentiel du « Johakyū » (littéralement : introduction, développement, conclusion), qui est repris par Zeami de la musique classique « gagaku » et tient compte des dispositions du spectateur tout au long de la journée, qui peut durer plus de huit heures. L’ouverture par un « « Nō » de dieux » permet de marquer la rupture avec le quotidien via une pièce d’apparition, et dispense les paroles de bon augure pour la journée. Le spectateur doit en ressortir disposé pour les pièces suivantes, et donc le second « Nō » peut être plus complexe, poétique et ancré dans la tradition :

les « « Nō » de guerriers » sont adaptés pour cela. Le troisième « Nō », qui correspond au pic d’attention du spectateur, est le « « Nō » des femmes », qui a une forte valeur esthétique et traditionnelle. Après cela, l’attention du spectateur décroît et une pièce variée du monde réel, qui demande moins de réflexion et d’érudition, est jouée. Enfin, les « « Nō » de démons » permettent, par leur rythme rapide et puissant, de régénérer le spectateur fatigué et de le remettre dans de bonnes dispositions pour le retour au quotidien. Dans cette optique, ils puisent moins dans les légendes et textes anciens que les autres « « Nō » d’apparition » . Ainsi se termine dans la tradition une journée de « Nō ».

Le développement ternaire du « Johakyū » est également appliqué pour la structure des « Nō » : le premier acte introduit la pièce « jo » et expose son développement « ha » jusqu’à la rupture, par exemple la révélation de la véritable forme du « Shite » dans les « Mugennō » ; le second acte dévoile la danse principale du « Shite », point culminant de la pièce, et conclut « kyū ». Les actes et les scènes peuvent eux-mêmes suivre le rythme du « Johakyū ».

Un tel programme lie entièrement le « Nō » et le « Kyōgen », théâtre plus comique et populaire qui permet aux spectateurs de rire, de se reposer et de se remettre de la tension émotionnelle suscitée par les pièces de « Nō ». L’ensemble est appelé « Nōgaku » depuis l’ère Meiji.

Larkanj


De larkanj

Dessinateur de BD et passionné de langue japonaise

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