Le jour où j’ai atteint ma limite


Il y a quelques années j’étais lycéen à l’île de la Réunion.

Un matin de vacances, j’étais partie très tôt avec des dallons copains sur la plage de Boucan-Canot (certainement un lendemain de boîte de nuit). Il était très tôt et les surfeurs ainsi que les baigneurs étaient très rare.

Pour me réveiller, je m’amusais tranquillement dans les vagues au bord du rivage pendant que mes cousins étaient partis battre carré se promener à la recherche de macatia ^__^ pour le petit déj. quand j’ai eu l’idée saugrenue de vouloir m’éloigner un peu du rivage pour nager tout en longeant par sécurité le cap homard (les rochers noirs visibles sur la photo).

Après seulement une ou deux brasses vers le large, je me suis décidé à retourner vers le rivage pour ne pas prendre de risque. Car Boucan-Canot n’est pas un lagon mais une plage donnant directement sur la haute mer. Autant dire qu’il vaut mieux être prudent.

Que ne fut ma surprise, après 5 minutes de nage rapide en direction du rivage de me rendre compte que je faisais du sur place. J’étais visiblement pris dans un courant qui me poussait vers la zone des surfeurs et vers le large. Lentement mais inéluctablement.

Pour mieux situer le lieu du drame ^^

Personne sur la plage (les maîtres nageurs dormaient encore), les surfeurs étaient trop loin pour m’entendre (surtout avec le bruit des vagues). Je commençais à m’inquiéter un tant soit peu.

D’autant que Boucan-canot est malheureusement célèbre aussi pour ses attaques de requins.

Plein de choses se sont alors passé dans ma tête.

Premièrement, je me suis dit que rien ne servait de lutter contre le courant. Je risquais juste de mourir d’épuisement.

Je savais qu’à ce moment là j’avais atteint mes limites.

J’avais joué contre mère nature et j’avais visiblement perdu.

Au fond de moi je me voyais déjà fini. Je ne voyais pas comment m’en sortir.

La fin du tunnel ?

Étrangement cela ne me faisait ni chaud ni froid.

Je me suis dit : « Ça y est c’est fini ? J’aurais subi toutes ces épreuves dans ma vie pour finir ainsi ? »

J’ai eu un déclic en moi, à ce moment. Je me suis vu déjà mort tout en me sachant toujours vivant.

Ce fut une drôle d’impression que j’ai mieux saisi, des années plus tard, à la lecture du Hagakure.

Le Hagakure est ce livre de chevet des samourais qui conseille, entre autre, de vivre comme si l’on était déjà mort.

Il est vrai que depuis cet incident, je profite de la vie comme si chaque jour était le dernier.

Pour profiter au maximum de la vie qui me reste, je ne m’attache ni au matériel ni aux personnes. Je vis tout simplement la vie comme elle vient. Un peu comme ce jour là où j’ai décidé de suivre le courant plutôt que de lutter contre lui.

Comment m’en suis je sorti ?

Tout simplement en rencontrant, par chance, un plongeur muni de palmes (plus facile pour lutter contre le courant) qui s’est gentiment proposé de me ramener sur le rivage après une discussion du type « Bonjour – Il fait beau aujourd’hui »

J’ai eu ce jour là une sacré leçon de vie qui m’aura permis de mieux saisir le bonheur d’être en vie.

C’est des incidents comme celui-ci qui m’ont fait dire que la vie était courte et qu’il fallait que je n’hésite pas à poursuivre mes rêves. Comme apprendre le japonais, par exemple.

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De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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