Le chant : un outil indispensable dans l’apprentissage du japonais ?


Chaque langue utilise des sons plus ou moins difficiles à articuler et à prononcer.

Et la seule solution pour prononcer correctement une langue étrangère est de s’exercer à la parler à voix haute.

Et quoi de mieux pour cela que de joindre l’utile à l’agréable en chantant ses chansons préférés de J-pop, de générique de manga ou simplement des 童謡 (dôyô – chanson enfantine) comme yagisan yûbin ou inu no omawari san

D’autant plus que d’après certains spécialistes en apprentissage des langues, l’utilisation à des fins didactiques d’une chanson en langue étrangère serait un moyen idéal pour étudier les particularités phonétiques de cette langue.

En fait, dans le cas de l’apprentissage d’une langue, le chant fonctionnerait comme une loupe en grossissant les détails de l’articulation et de la prononciation des sons.

Ainsi en choisissant une chanson au tempo lent, comme katatsumuri par exemple, on peut mieux :

  • ressentir le fonctionnement de la voix
  • travailler le débit articulatoire,
  • préparer sa voix aux exigences de la prononciation de la langue japonaise.

En effet, le  ralentissement du débit articulatoire permet de mieux orienter notre attention sur les qualités phonétiques de tel ou tel phonème, et en particulier de certains allophones (différente prononciation d’un même phonème), difficilement perceptibles . En effet le son [g] japonais, par exemple, n’est pas exactement le même qu’en France.

Bien qu’il ne faille pas négliger l’élément ludique, rendant plus agréable un apprentissage souvent rébarbatif qui peut être mal vécu par les étudiants, il est dommage que l’expression chantée de la langue, à travers une séance de karaoke par exemple, soit bien trop souvent considérée sous son seul aspect loisir et soit, parfois même, complètement exclue des objectifs du cours.

On peut utiliser la chanson pour de multiples raisons comme :

  • prétexte pour l’expression orale parlée,
  • vecteur de réflexion sur les éléments de civilisation qu’elle véhicule,
  • exercice pour d’autres compétences linguistiques (les structures grammaticales, le lexique,… ),
  • simple distraction, par rapport à d’autres approches considérées plus sérieuses et structurantes,
  • moyen de prise de conscience de la production articulatoire (et éventuellement à sa correction) en plus de la perception des sons,
  • travail sur la confiance en soi,
  • aide au repérage d’indices pour trouver le mot juste,
  • moyen d’utiliser la langue en situation,
  • outil de travail avec des matériaux authentiques,
  • vecteur de motivation,
  • aide à la perception de sons nouveaux,
  • de lever certaines inhibitions et donc de permettre une production (linguistique) plus aisée portée en cela par la musique et le rythme,
  • de contribuer plus à prise de conscience de la production articulatoire (et éventuellement à sa correction) qu’à la perception des sons,

Bref, chanter et faire chanter en japonais présente de nombreux avantages pour ceux qui souhaitent apprendre cette langue.

C’est pour tout cela que l’enseignement du chant devrait occuper une place plus importante dans la liste des apprentissages fondamentaux que ce soit pour le japonais ou pour d’autres matières

D’ailleurs Ici Japon propose de la lecture en musique sur leur site. Qu’en pensez vous ?

Source pour la partie phonétique : les Cahiers de l’Acedle, numéro 2, 2006, recherches en didactique des langues, colloque Acedle, juin 2005

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De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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