La veille en japonais pour les baka


Comme pour le journaliste, le saint graal du blogueur est le scoop. C’est à dire être le premier à fournir une information qui sera ensuite reprise sur tous les autres journaux ou blog. Pour le blogueur, trouver un scoop passe par la veille.

Que ce soit de la veille créative, surveillance de l’apparition d’idées nouvelles et d’innovations, de la veille des expressions les plus recherchées sur Google, surveillance des envies des internautes, ou de la veille technologique, surveillance des nouveautés en technologies.

Quelque que soit le domaine dans lequel vous bloguer, votre veille doit prendre en compte les pays les plus innovants. Ce qui signifie suivre les actualités de pays anglophones, comme les États-Unis, ou bien suivre les actualités de pays publiant leurs découvertes en anglais pour toucher le plus grand nombre. Seulement, l’anglais parfois ne suffit pas.

En effet, certains pays très en avance, sur un peu tout, comme le Japon ne publie pas tout directement en anglais et privilégie l’échange d’information, en priorité, dans leur propre langue.

De l’intérêt de la recherche d’information en japonais

Outre le fait que le Japon soit un pays qui me passionne depuis toujours, le Japon est surtout le pays qui consacre le plus d’effort financier (en % de PIB) à la recherche et au développement sur son territoire.

Pourquoi un tel besoin de recherche ?

Après avoir quitté sous menace étrangère, un état moyenâgeux du à une réclusion sur lui-même vieille de plusieurs siècle, le Japon n’a eu de cesse que de rattraper son retard dans tous les domaines technologiques et artistiques.

Si au début, le Japon faisait énormément appel aux doctes étrangers pour acquérir des connaissances nouvelles, celui-ci est vite passé de l’état d’élève à celui de maître puis à celui d’innovateur.

Par contre le Japon a gardé des habitudes de ses longues années de réclusion sur lui-même. Comme le fait de partager en priorité avec les autres japonais avant le monde entier. Ce qui est leur est d’autant plus facile que le Japon profite d’une langue complexe et assez hermétique pour le profane qui agit comme une barrière naturelle contre la curiosité des étrangers.

Bref les innovations japonaises sont avant tout partager en japonais et donc ignorer le japonais c’est passer à côté d’une mine quasi-inépuisables d’idées nouvelles.

Briser la barrière de la langue japonaise

Déjà brisons quelques idées reçues sur la langue japonaise.

Une écriture indéchiffrable ?

Le japonais utilise un système d’écriture assez complexe mélangeant allègrement plusieurs types d’écriture. Ce qui en fait certainement l’une des plus difficiles à maîtriser sur le plan de l’expression écrite.

Ainsi, 5 modes d’écriture sont couramment utilisés et se retrouvent bien souvent mélangés dans un même article en japonais . On trouve ainsi :

  • les deux syllabaires de 50 signes chacun, purement japonais, les kanas
  • les plus de 2000 idéogrammes, importés de Chine il y a plus de 1000 ans, les kanjis
  • les caractères latins, les romaji
  • les chiffres arabes, les arabia-sûji

Agrandir l’image ci dessous pour vous faire une idée avec cet extrait de wikipédia.

Les syllabaires Hiragana et Katakana

Au niveau des syllabaires, on trouve les hiragana, inventés par les courtisanes japonaises pour simplifier leur correspondance et les katakana, inventé par les moines japonais pour marquer la prononciation des caractères chinois.

Le syllabaire hiragana sert principalement à la syntaxe grammaticale et permet de savoir comment se lisent les kanji, car ces derniers peuvent se lire de plusieurs façons suivant leur utilisation seule ou avec d’autres kanji. Enfin, le syllabaire katakana est traditionnellement dédié à la traduction phonétique des mots modernes importés d’autres langues comme l’anglais, que l’on ne peut transcrire avec les idéogrammes anciens.

De l’intérêt des kanjis

La langue japonaise étant pauvre en nombre de sons différents (24 phonèmes contre 37 en française), il y a beaucoup d’homophones et, seuls, les kanji permettent à l’écrit de différencier un mot d’un autre.

Il y a 2136 kanji officiels, c’est à dire obligatoire à savoir en quittant le lycée. Cependant cela ne suffit pas pour décrire des lieux ou des champs de spécialité comme la médecine, l’astronomie, etc… Les japonais se retrouvent donc parfois obligé d’utilisés les kanji non-officiels, au nombre de 9000 environ.

Un article en japonais peu donc contenir une sélection de kanji choisit parmi 11000 kanji différents.

Ainsi, le japonisant peut passer sa vie en à étudier le japonais écrit sans jamais vraiment le maîtriser, un peu comme de l’art. L’écriture du japonais est d’ailleurs un art à part entière, la calligraphie, pour lequel nombre de japonais se passionnent et s’exercent régulièrement,

Fort heureusement, il n’est pas nécessaire de savoir écrire le japonais pour pouvoir lire le japonais, et plus important, grâce aux outils sur internet, il devient possible de « lire » le japonais sur le web sans jamais l’avoir étudié.

Ainsi la simple maîtrise des 100 kanas de bases et de leurs quelques dérivés permet de lire tous les textes en japonais sur internet. À la seule condition d’utiliser une extension vous permettant de comprendre les kanjis comme l’extension furigana inserter sur firefox. En effet, cet extension, une fois correctement installée permet d’ajouter de façon automatique la prononciation en hiragana de chaque kanji visible sur une page web. En plus vous pouvez aussi avoir le sens du mot en survolant un mot.

Agrandir l’image ci dessous pour vous faire une idée :

Pour le veilleur non-japonisant, cela signifie qu’il peut désormais s’adonner à la recherche d’information en japonais, moyennant quelques gymnastiques intellectuelles et la mémorisation de quelques signes.

Un vocabulaire énigmatique

La notion de vocabulaire est très importante en japonais. C’est la première tâche fastidieuse à accomplir pour le non-japonisant, le japonisant et même le japonais.

Un vocabulaire sans racine commune avec aucune autre langue ?

Le japonais utilise couramment près de 11% de mots étrangers, surtout anglais, facilement reconnaissable au fait qu’ils sont écrit en katakana. De plus les principaux mots de vocabulaire liés aux innovations technologiques sont empruntés de l’anglais. La maîtrise des katakanas est donc un bon départ pour débuter une veille en japonais. Voir par exemple ce lexique des mots étrangers du japonais dont voici quelques extraits :

  • アスファルト – asufaruto – asphalt (eg.) – asphalte, bitume
  • コンクリート – konkuriito – concrete (eg.) – béton
  • トランジスター – toranjisutaa – transistor (eg.) – transistor
  • アップデート – appudeeto – update (eg.) – mise à jour
  • リリース – ririisu – release (eg.) – sortie (d’une nouvelle version ou d’un album), publication
Un vocabulaire trop riche ?

Le japonais est une langue au vocabulaire très riche. Pas moins de 10000 mots de vocabulaire sont nécessaire pour passer le test de compétence en langue japonaise (JLPT) le plus élevé. Ce qui n’est qu’une infime partie des 163,000 lemmes comptabilisé sur la version japonaise de wikipédia.

Mais saviez vous qu’avec seulement 1000 mots vous maîtriseriez 68% des mots japonais les plus utilisés. Découvrez cette liste ici : http://apprendre-le-japonais.fr/avec-ces-1000-mots-vous-connaitrez-68-du-japonais/

Voici pour vous faire une idée, les 12 premiers mots de cette liste (hors marqueurs grammaticales) :

Un vocabulaire qui manque de précision ?

Le fait d’avoir réduit de façon officielle la liste des kanjis (et donc des concepts) à 2146 provoque une faiblesse pour décrire des termes complexes et précis. D’un autre côté, vouloir décrire des innovations récentes avec des idéogrammes vieux de plusieurs millénaires n’est pas des plus faciles.

C’est pour cela que chaque domaine d’expertise possède ses termes et son vocabulaire propre. Dans un cas comme la médecine traditionnelle ou la littérature classique, des idéogrammes spécifiques sont ajoutés à la liste officielles. dans d’autres cas, comme dans la technologie ou l’informatique on utilise des termes dérivés de l’anglais plus ou moins facile à reconnaître.

Tout ce vocabulaire spécifique permet d’un côté de marquer son expertise et de l’autre forme une liste de mots clefs utiles à connaître pour des recherches d’informations précises. Vous pouvez trouver et filtrer plus facilement l’information en maîtrisant les termes spécifiques comme par exemple dans cette liste de terme scientifique en japonais sur la glaciologie

Dans un prochain article, j’évoquerais les outils informatiques pouvant vous aider dans votre veille en japonais.

Si vous avez des questions sur le sujet ou besoin d’aide pour faire de la veille en japonais, n’hésitez pas à me contacter.

保存


De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *