Chiyo Fukumasuya ou l’art du haïku au féminin


Chiyo-ni (1703-1775) est une poétesse japonaise de la période Edo. Elle est considérée comme une des plus grandes poétesses japonaises.

Elle est connue sous différent noms :

  • Chiyo-ni (千代尼, « la nonne Chiyo »)
  • Kaga no Chiyo (加賀千代 ou 加賀の千代, « Chiyo de Kaga ») du nom de sa province d’origine
  • Chiyo Fukumasuya, son vrai nom
  • Soen (jardin nu), son nom bouddhiste.
  • Fukuda Chiyoni

Biographie

Chiyo-ni est née dans la province de Kaga. Sa famille tenait une échoppe de montage de rouleaux de papier de calligraphie. Elle a eu ainsi l’occasion de fréquenté les poètes et les peintres qui composaient la clientèle de la fabrique.

Elle composa son premier poème à l’âge de 6 ans et commença son apprentissage auprès d’un maître du haïku à l’âge de 12 ans.

Très vite son talent fut reconnu et elle eu dans ses fréquentations de nombreux haïjins (poètes qui écrivent des haïkus).

A 30 ans, elle perd presque toute sa famille et tient seule le magasin familial pendant près de 20 ans.

Ensuite à l’âge de 52 ans, elle devint nonne bouddhiste. Elle put ainsi se consacrer entièrement à la voie du haiku.

C’est à ce moment là qu’elle reçut le nom de Chiyo-ni, ce qui signifie « la nonne Chiyo » tandis que son nom de « baptème » bouddhiste fut Soen (jardin nu).

Ce jour là, elle se fait raser les cheveux, comme le veut la loi monastique, et compose :

le rouge à lèvres
ma bouche a oublié
ah! l’eau de source

Chiyo-ni n’habite pas de façon permanente au temple, mais, en tant que bonzesse et artiste, se trouve en dehors du système cloisonné des classes et non concernée par les normes et codes sociaux imposés aux femmes d’alors.

Elle devient plus active que jamais dans le milieu haiku.

Peu de temps avant de mourir, elle compose le poème qui sera le dernier écrit de sa main

A 67 ans, elle tombe malade et meurt cinq ans plus tard en composant ce dernier haïku :

L’eau est limpide et fraîche
Les lucioles s’éteignent
Rien d’autre

Et dicte le dernier poème qu’elle compose :

j’aurai vu la lune aussi
à ce monde
adieu

En 1775, à soixante-douze ans, Chiyo-ni quitte ce monde flottant.

Son œuvre

Comme le célèbre Bashô, la poésie de Chiyoni est proche de la nature et simple. Elle écrit avec une grande délicatesse.

Chiyo-ni pratique la voie de l’harmonie avec la nature et cultive, à la suite de Bashô, l’élégance poétique (fuga no michi), la poésie comme art de vivre. Voie spirituelle et voie poétique se confondent. Son art s’épure et elle commence à voir les choses telles qu’elles sont.

Son style est pur, sans artifice, sans ornement, parfaitement naturel comme sa vie.

Ses poèmes sont très féminins : ils peuvent évoquer le maquillage, les vêtements, etc.

Premier exemple :

Au parfum des fleurs
Je ne montre que mon dos
Changement de robe

Deuxième exemple :

le rouge à lèvres
ma bouche a oublié
ah! l’eau de source

Les fleurs, et en particulier les asagao (liserons ou volubilis selon les traductions), reviennent souvent dans ses haïkus :

« Les chevaux au galop
reniflent leurs jarrets –
un parfum de violettes »

« S’ils se referment au matin
les volubilis –
c’est par haine des hommes ! »

ne fais pas tomber le voyageur
de son cheval
belle herbe

Son haïku le plus célèbre est d’ailleurs celui dit « du liseron et du seau » :

« le liseron
au seau du puits s’est enroulé
à mon voisin je vais quémander de l’eau »

朝顔や つるべとられて もらひ水

asagaoya tsube torarete morahi mizu

Ses publications :

On connaît d’elle deux recueils de haïkus :

  • 1764. Chiyo-ni kushu (« Recueil des haikus de Chiyo-ni »), 564 haïkus
  • 1771. Haikai matsu no koe (« Haiku du chant des pins »), 327 haikus

Éditions en français

Voici un livre en français pour découvrir joliment ses œuvres. (Avec lien affilié vers Amazon).

Bonzesse au jardin nu (trad. CHENG Wing Fun ; bilingue), éd. Moundarren, 2005, 110 pages, ISBN 2-907312-52-9

CHIYO NI bonzesse au jardin nu

Sources :

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De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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