9 principes de Miyamoto Musashi pour aspirant samourais des temps modernes


Miyamoto Musashi est un samouraï japonais contemporain de D’Artagnan. Ces deux personnages ont en commun leur talent de bretteur et leur popularité. Ils sont aussi devenu tous les deux, les personnages semi-légendaires de romans de capes et d’épée. D’artagnan dans les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas et Miyamoto Musashi dans La pierre et le Sabre de Yoshikawa Eiji.

Miyamoto Musashi et sa célèbre technique des deux sabres

Miyamoto Musashi est célèbre pour ses exploits mais il est aussi le célèbre auteur d’un livre sur la tactique. Ce livre fait partie des livres de chevets de nombreux pratiquants des arts martiaux mais aussi de nombreux politiciens ou manager dans le monde.

Je vous propose de découvrir 9 grands principes, exposés dans son livre, adaptés aux étudiants en langue japonaise.

1. Éviter toutes pensées perverses.

La pensée perverse, selon Musashi dans son livre Gorin no sho, c’est la pensée parasite.

C’est la pensée émotionnelle qui nous ralentit dans nos décisions, la pensée limitante qui nous limite dans nos actions, la pensée erronée qui interprète mal les situations, la pensée conflictuelle qui nous freine dans l’urgence, etc.

La solution ?

Atteindre l’état de non pensée, c’est se libérer des « pensées délirantes » entretenues par la peur d’être rejeté, par le doute et, en général, par les émotions et les représentations négatives.

Comment atteindre cet état de non-pensée ?

Grâce à la pratique de la méditation qui permet précisément de réduire le fonctionnement du mental, voire de le supprimer.Ce travail sur soi est d’autant plus important que le mental demeure, à mon avis, le plus important facteur de stress.

Exemple concret : Quand on parle japonais, il ne faut pas passer par la traduction. Les réponses doivent être pensées directement en japonais.

2. En toutes choses, s’habituer au jugement intuitif.

Il est important de s’habituer à l’état de non pensée et d’apprendre à faire confiance à son corps et à son instinct.

Vous y gagnerez alors en spontanéité et donc en vitesse de réaction.

Exemple concret : Parler une langue ne veut pas dire être parfait au niveau vocabulaire et grammaire mais être réactif. Faites des phrases courtes et justes ou répondez par des aïzuchi (les petites expressions comme sô desu ka, sô desu ka, etc). Vous n’avez pas compris votre interlocuteur ? dites le de suite. Bref dans tous les cas soyez spontané.

3. Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas.

Voilà un principe qui n’est pas compliqué à mettre en pratique mais que vous n’obtiendrez qu’avec le temps et surtout l’expérience.

C’est, en effet, l’expérience et le respect de la non-pensée qui vous donneront la capacité d’écouter votre instinct.

Exemple concret : le japonais est une langue souvent vague (pas de nombre ni de genre par exemple) où le contexte à une grande importance. Il faut être capable de comprendre le non-dit car il a autant d’importance si ce n’est plus que ce qui est dit.

4. Prêter attention aux moindres détails.

Que ce soit dans votre préparation physique et mental, dans votre habillage, votre alimentation, etc.

Exemple concret : Regarder la différence entre ces trois kanjis : 大犬太. La langue japonaise est rempli de ces petits détails qui font toute la différence.

5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose

Tout n’est pas tout noir ni tout blanc. Une situation qui semble inconfortable peut avoir des aspects positifs et vice versa. La clé est simplement d’avoir du recul sur les choses et de savoir anticiper, pour le bien comme pour le mal.

Exemple concret : La langue japonaise a ses défauts (innombrables kanjis) et ses avantages (pas de genre ou de nombre) à vous de faire avec.

6. Se forger dans la voie en pratiquant soi-même.

(et non par le jeu des idées)

Lire des mangas en japonais, regarder des dramas sous titré (ou non),  c’est excellent.

Mais rien ne vaut la pratique réelle.

Exemple concret : Participez à des discussions en japonais qui tourne sur Twitter, Participez à des cours en groupe ou des stages de japonais,  passez le JLPT, faites un voyage au Japon, etc.

(et mieux encore devenez formateur en japonais pour des petits nouveaux car la meilleure façon d’apprendre est encore d’enseigner)

7. Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.

C’est aussi ce que je défends à travers le principe du tonneau à 7 planches.

Imaginez un tonneau en bois composé de 7 planches en bois de taille différente.

Si vous le remplissez d’eau, jusqu’où pourrez vous le remplir ?

Jusqu’au niveau de la plus petite planche n’est-ce pas ?

Cette petite planche sera votre point le plus faible. Il est donc important de ne pas se limiter à un seul art mais au contraire à harmoniser ses capacités.

Exemple concret : Pour moi, en ce qui concerne la langue japonaise, ces 7 planches sont : la culture, la compréhension orale, la compréhension écrite, la grammaire, le vocabulaire, les kanjis, la pratique (orale et écrite)

8. Connaître la voie de chaque métier (et non se borner à celui que l’on exerce soi-même)

Chaque métier est dépendant des autres métiers avec lequel il exerce. Pour un traducteur, il est important de comprendre le monde de l’édition, pour un blogueur, il est important de comprendre le fonctionnement

Exemple concret : Il est important de bien connaître la langue japonaise pour exercer une activité professionnelle ou non liée à la langue japonaise.

Cependant des notions sur la culture japonaise, son histoire, sa situation géo-politique, vous aideront à mieux appréhender une situation de crise à laquelle se prépare un aspirant samouraï d’aujourd’hui.

9. Ne rien faire d’inutile

Que rajouter à cela ?

Laissez de côté le superflu pour vous concentrer sur l’essentiel!

Allez plus loin

Si vous voulez aller plus loin, je vous invite à lire ou relire le traité des 5 roues de Miyamoto Musashi :

Note de l’éditeur :

Le traité des cinq roues est le reflet d’une philosophie personnelle susceptible de s’appliquer à tout aspect de l’existence, comme son auteur en a apporté la preuve au détour de ses multiples dispositions personnelles l’ayant conduit à devenir un artiste et un calligraphe accomplis. Les stratégies exposées par Musashi, notamment l’observation, la détermination du moment opportun, la simplicité, le savoir et le pragmatisme, ne se limitent pas aux arts pratiqués par un guerrier ; elles renforcent la préparation mentale et la flexibilité stratégique afin de réaliser des prouesses et de véritables réussites en tout domaine. Cette édition magnifiquement illustrée est rehaussée par deux autres brefs ouvrages de Musashi, le Hyôhô sanjû-gokajô (Trente-cinq instructions sur la stratégie) et le Dokkôdô (La Voie de la solitude, encensant l’autonomie), et une introduction édifiante mettant en valeur le contexte philosophique et historique sous-jacent à Musashi et à ses écrits.


De Mikael Plasse

Mikaël est le fondateur et le rédacteur en chef du blog j'aime le Japon et du blog apprendre le Japonais. Après plusieurs années d'études en langue japonaise en autodidacte ou à l'Université, il a eu envie de partager sa passion et son expérience avec les francophones intéressés par l'apprentissage ou l'enseignement du japonais. Mon profil google plus : Mikael Plasse

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