虐め « IJIME » OU le HARCÈLEMENT SCOLAIRE À LA JAPONAISE :


Le site Nico Nico Douga a dévoilé en 2012 le résultat, plutôt affligeant, d’une enquète sur le ijime (le harcèlement scolaire).

Ces statistiques sont des plus inquiétantes sur le taux de persécutions et de suicides parmi les jeunes, au Japon !

Mais avant de vous donner des chiffres, je vous propose de redéfinir ensemble le concept de 虐め ijime.

Le terme japonais 虐め Ijime désigne les brimades (racket, harcèlement, sévices physiques, calomnies…) que subissent ceux qui sont exclus d’un groupe et sont pris pour cible.

Ijime, Photo de Diego Grez (licence GNU FDL)

Il y a d’un côté la brimade 虐め ijime, le harceleur いじめっこ ijimekko et le harcelé いじめられっこ ijimerarekko

Il faut savoir que les brimades sont une forme d’intimidation et de mauvais traitements.

Il s’agit d’un comportement agressif et de harcèlement. Ce type de comportement antisocial est présent dans tous les groupes géographiques, ethniques et socio-économiques de la société. Les manœuvres d’intimidation visent à empêcher leurs cibles d’apprécier des conditions de vie, d’étude et de travail saines et sans stress.

Un いじめっこ ijimekko est quelqu’un qui inflige des blessures physiques ou psychologiques, intentionnellement et à plusieurs reprises, à un ou plusieurs いじめられっこ ijimerarekko, plus faibles, dans le but d’amplifier leur ego et le respect qu’ils inspirent.

Revenons maintenant au sondage dont je vous ai parlé.

Ce sondage a regroupé 1 072 014 japonais (H/F) qui ont répondu à 14 questions liées à ce qu’ils vivent ou ont vécu dans leur école et sur leur état d’esprit.

Les victimes de brimades au Japon

À la question « Avez-vous déjà été victime d’ijime à l’école (primaire/secondaire) ? »

57,2% des japonais ont répondu oui.

Si l’on trie cette réponse par rapport au sexe de l’élève, 60,5% chez les filles ont répondu oui et
54,1% chez les garçons ont répondu oui.

Les lieux où ont été répertoriés le plus grand nombre de cas ijime sont la région du Kanto (autour de la ville de Tôkyô) et la région du Kansai (autour de la ville de Kyoto). Bref les 2 régions les plus habités du Japon et où la promiscuité est la plus forte.

Comment se manifeste ces brimades ?

Les cas de Ijime se manifestent principalement de manière indirecte avec :

  • 32% de rumeurs ou exclusion par la classe (38,3% chez les filles contre 25% chez les garçons)
  • 19,3% de violence verbale (insulte ou psychologique)
  • 15,6% en cachant ou détériorant les biens de la personne (cahiers, cartable, portable, chausures etc…)
  • 12,6% par des agressions (17,6% chez les garçons contre 7,7% chez les filles)

Le plus inquiétant est que 27,4% des jeunes victimes de ijime envisagent ou ont envisagé de se suicider. A noter que 8,6% ont répondu ne pas se souvenir s’ils y ont pensé à ce moment là.

54,3% des victimes disent ne trouver personnes vers qui se tourner pour régler ce problème. Et seulement 26,5% d’entre eux ont trouvé du réconfort auprès de leur entourage familial contre 10% envers leurs professeurs.

L’école et les cas de ijime

Plus de la moitié des victimes ayant essayé de mettre fin à leur calvaire, en dénonçant leur persécuteur auprès de l’école, ne sont pas arrivé à faire arrêter ces brimades.

  • 36,8% ont vu leur problèmes résolus
  • 21,5% ont vu leurs problèmes continuer
  • 14,7% ont rapporté un « autre résultat »
  • 2,6% ont vu leurs problèmes s’aggraver

Quels sont les moyens d’arrêter ces intimidations ?

Sur les 1 072 014 de japonais sondés :

  • 26,9% pensent que faire appel aux professeurs est la meilleure solution
  • 22,6% pensent qu’il faut faire intervenir la Police
  • 12,7% pensent qu’il faut en discuter avec leur bourreau
  • 9,7% pensent qu’il faut en parler au conseiller d’éducation
  • 9,4% pensent qu’il faut instaurer un règlement contre les cas ijime
  • 4,9% pensent qu’il faut faire intervenir les parents des deux parties

Qui sont ces jeunes qui intimident leur camarade de classe ?

Parmi ceux qui ont avoué avoir eu une expérience d’oppresseur :

  • 68,9% révèlent qu’ils ont déjà été victimes eux-même de ijime
  • 26,7% ont commis leur acte envers la victime car ils se sentaient justement oppressés par elle

Enfin, parmi les 2/3 des japonais qui sont témoins d’intimidation, 54% font semblant de ne rien voir, 12,3% essaye d’aider la victime, 10,1% vont lancer des rumeurs, 2,4% deviennent à leur tour des bourreaux, 5,6% ne savent pas quoi faire.

Sources : niconico douga, wikipedia
Crédit photo : Diego Grez

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De larkanj

Dessinateur de BD et passionné de langue japonaise

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